Le racisme doit disparaître ..
C'est une histoire qui débute par un coup de téléphone. Mercredi soir dans un restaurant de Blanzy. Yak Akon-Akech est avec des amis autour d'un kebab. L'un d'eux reçoit un appel. Le ton entre son ami et l'interlocuteur monte. Trop haut ? Yak, qui est élève lycée du Sacré Choeur de Paray-le-Monial, où il apprend les métiers de l'hôtellerie, saisit le portable de son copain, pour tenter de calmer son interlocuteur. «Et là, il s'est fait insulter. Des propos injurieux et des propos particulièrement racistes envers les noirs», explique Kuol, 17 ans, le frère de Yak. Son frère lui a tout raconté par téléphone, avant que les deux frères se retrouvent, avec d'autres amis, à la ZUP du Plessis, où le drame va se jouer. «Quand on est arrivé, il y avait le jeune et trois adultes, dont un armé d'une barre de fer, mais il n'en a pas usé. Mon frère est parti avec le jeune. Et soudain j'ai vu qu'il se tenait le ventre. Le jeune avait à la main quelque chose qui ressemblait à une arme blanche». Pratiquement sous les yeux de son frère, Yak Akon-Akech s'écroule. «J'ai voulu frapper le jeune qui venait de poignarder mon frère, mais on m'a retenu». La Police, les sapeurs pompiers et le SAMU arrivent pour porter secours à la victime. Il est 23h30. Yak est transporté à l'hôpital de Montceau. Un établissement où son père est gastro-entérologue. Les efforts des médecins urgentistes vont être vains. Yak, qui avait eu 18 ans en mai dernier, décède à 3 heures du matin, dans la nuit de mercredi à jeudi. Les policiers de Montceau confondent rapidement et interpellent celui qui l'a poignardé. Il s'agit d'un mineur qui a entre 16 et 17 ans, d'origine française, «très défavorablement connu des services», lâche un policier, mis aussi plusieurs personnes de Montceau qui le connaissent.. Ce jeune, qui devrait être mis en examen pour homicide volontaire, explique que c'est avec un tournevis qu'il a portés les coups. Mais les résultats de l'autopsie, pratiquée hier matin, donner plutôt penser qu'il a agi avec une arme blanche. Le père de la victime, soudanais d'origine, arrivé à Montceau il y a 4 ans, après avoir exercé à l'hôpital de Denain dans le Nord, ne s'explique cet excès «de violence et de racisme» qui lui a enlevé le premier de ses deux fils. Avec son épouse, leur autre fils et leur fille ils ont reçu de nombreux messages de soutien tout au long de la journée de jeudi. «Avec son frère et sa s½ur, ils jouaient au basket. Ils étaient au club de Montceau. Mon fils Yak, comme toute la famille d'ailleurs avaient demandé la nationalité française. La France c'était son pays. Il avait 18 mois quand il y est venu. Et c'est là qu'il a grandi». C'est ce vendredi que l'auteur du coup mortel, porté dans le ventre de la victime, devrait être présenté au parquet de Chalon-sur-Saône. Samedi, à 14h30 une marche blanche sera organisée dans les rues de Montceau. Elle débutera depuis l'espace Carnot. Une marche pour dire non à la violence et non au racisme.